Hélène Guinepied (1883 - 1937)
Repères biographiques :
1883 : Naissance dans la Nièvre d’Hélène Gabrielle Élisabeth Guinepied, fille de Léon Guinepied et Berthe Ferrier.
1890 : Jules Monteignier, artiste peintre nivernais et grand oncle d'Hélène, peint son portrait : première émotion artistique.
1894 : La famille Guinepied s’installe à Paris. Hélène est pensionnaire chez les ursulines de Nevers.
1902 : Mort du père d’Hélène, Léon Guinepied.
1905-1906 : Premiers cours de dessin grâce à la Société d'Enseignement Moderne de Léopold Bellan, Académie Julian.
1909 : Admise à l’École Nationale des Beaux-arts, atelier de Ferdinand Humbert. Elle rencontre son maître, Jules Adler. Ce dernier va particulièrement l'influencer: "Jules Adler, le maître dont les enseignements (...) ont été pour moi la révélation de ce que peut-être le travail heureux". Elle se lie d'amitié avec Suzanne Labatut, et avec le sculpteur nivernais Alix Marquet.
1911-1912 : Expose au Salon des Artistes Français et au Salon des Indépendants.
1913 : Troisième exposition au Salon des Indépendants.
.1914 : Exposition Internationale Urbaine de Lyon : elle peint 12 panneaux décoratifs représentant des paysages tropicaux, pour le pavillon du Brésil.
Assassinat de Jean Jaurès : Paul Guinepied, frère aîné d’Hélène, et pharmacien, présent sur les lieux, tente de le ranimer en vain.
1916 : La famille Guinepied achète le Château de Saint-Moré (Yonne).
1917 : Hélène Guinepied donne des cours de dessin à la sœur de Gaston Chaissac à Avallon. Chaissac, 7 ans, assiste aux leçons : il attribue à Hélène Guinepied la naissance de sa vocation d'artiste.
1920 : Elle crée des ateliers de broderie d’art pour donner du travail aux jeunes filles à la campagne : naissance des Ateliers Villageois d'Hélène Guinepied.
Elle invente la Méthode de dessin libre à grande échelle exécutée au pinceau, ou Méthode Helguy. Dès 1920, la méthode commence à se diffuser. Hélène Guinepied va s’appuyer sur le réseau des instituteurs de l’Yonne. Plus de 70 d’entre eux se forment et font pratiquer à leurs élèves « le dessin libre ». Les travaux des enfants sont très différents de ceux qu’ils réalisaient jusqu’alors avec les méthodes traditionnelles et suscitent l’admiration des adultes pour leur originalité. « Leur modernisme ultra-audacieux » leur vaut d’être comparés par la presse aux œuvres des cubistes ou des impressionnistes. (Le Figaro)
Rencontre avec Jean Dubuffet qui séjourne à Saint-Moré.
1921 : 12e Salon de la Société des Artistes Décorateurs (Paris), au Lyceum Club (Paris), à l'Exposition des Beaux-Arts de Nevers.
1922 : Exposition régionale des Arts Appliqués, Rennes : elle expose avec Raoul Dufy, Maurice Dufrène, Paul Follot, Blanche Ory-Robin.
1923 : Expose à la XVe foire de Paris, avec la Collectivité des artistes décorateurs artisans et créateurs de modèles. Exposition Internationale de Bayonne-Biarritz, médaille de vermeil avec félicitations du jury. Exposition des Beaux-Arts à Nevers.
1924 et 1925 : Exposition des œuvres des « Ateliers Villageois de Bourgogne » au Salon de l'Essor, Dijon.
1926 : Georges Moreau découvre la Méthode Helguy. Il est Co-directeur des éditions Larousse, membre du Conseil Supérieur des Beaux-Arts, fondateur en 1907, de la société nationale « l’Art à l’école » pour l’amélioration de l’enseignement du dessin. Fervent défenseur des nouvelles pédagogies, il crée en 1924 à Paris la société Enfance et Jeunesse. Il met à la disposition d’Hélène Guinepied un atelier au 77 rue Denfert Rochereau à Paris, afin qu’elle puisse y assurer des cours. Moreau organise de nombreuses expositions de dessins. La même année, elle est approchée par le mouvement Freinet.
1929 : Article dans L’Illustration du 9 février, consacré à la méthodes d’enseignement du dessin d’Hélène Guinepied.
1931 : Faillite des Ateliers Villageois de Saint-Moré, conséquence de la crise financière mondiale de 1929. conférence dans l’amphithéâtre de médecine du Collège de France : Le dessin libre et à grande échelle exécuté au pinceau, sous le patronage de l’Institut Général Psychologique. Elle occupe un atelier au 77 rue Denfert Rochereau, Paris 14e ou elle peint et dessine. Sa santé est très fragile, elle échappe de peu à la mort après une embolie.
1934 : Hélène organise un cours de dessin libre pour adultes, avec dessin appliqué à la broderie et la tapisserie. Elle rompt sa collaboration avec Georges Moreau, qui tente de s’approprier sa méthode; ce dernier disparaît la même année. le successeur de Georges Moreau, J-B. Coissac de Chavrebière, tente d’évincer définitivement Hélène Guinepied.
1937 : Hélène Guinepied meurt brutalement à l'âge de 54 ans. Elle est inhumée dans le cimetière de Saint-Moré. Son acte de décès, rédigé par son frère Paul alors maire du village, mentionne : « célibataire, sans profession ». Hélène Guinepied tombe dans un oubli complet qui durera 80 ans.
Elle continuera de peindre toute sa vie.